LE SAVIEZ-VOUS ?
 
LE SPORT EST-IL LE MEILLEUR DES ANTI-DEPRESSEURS ?

Jean-Baptiste WIROTH

Docteur en Physiologie de l’Exercice

Spécialiste du sport / santé

E-mail : jb.wiroth@wts.fr

Sites : http://www.wts.fr ou http://www.sport-entreprise.fr

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Selon le Larousse médical, la dépression est un état pathologique caractérisé par une humeur triste et douloureuse associé à une réduction de l’activité psychomotrice. La dépression couvre un large spectre d’états psychologique allant du « passage à vide » momentané au véritable trouble psychiatrique.

Or les spécialistes sont unanimes pour dire que l’activité physique régulière et adaptée est un excellent moyen de prévenir les troubles psychologiques. Marcher ou courir dans les feuilles mortes sous a donc sembler être un excellent moyen de combattre la maladie !

Les Causes

Malheureusement, la dépression touche de plus en plus de personnes, notamment les femmes, sans que l’on sache réellement pour quelles raisons. C’est souvent à la suite d’un événement pénible que les problèmes apparaissent (deuil, licenciement, séparation, échec sportif…). Les phases de transition sont aussi des périodes délicates (passage de l’enfance à l’adolescence, retraite y compris sportive…).

L’automne et l’hiver sont des périodes propice à l’apparition des troubles, notamment en raison de la baisse de la luminosité du soleil et de la réduction spontanée de l’activité physique.

Il semble logique de penser que notre mode de vie moderne a une forte influence sur la genèse du problème. La disparition du lien à la nature, les modifications nutritionnelles, la communication toujours plus dense, le catastrophisme chronique des médias sont autant de causes qui peuvent expliquer le phénomène.

Les Symptômes

La pathologie est compliquée à appréhender tant pour la personne elle-même que par son entourage. La première étape consiste donc à diagnostiquer le problème.

Sur le plan psychique, la personne dépressive est d’humeur triste avec perte de motivation, anxiété, autodépréciation… La souffrance morale peut l’amener à envisager le suicide.

Sur le plan physique, la personne dépressive souffre de manque d’appétit, de fatigabilité, d’insomnie, de maux de tête, d’altération de la libido.

On remarque qu’il y a un certain nombre de similitude avec le surentrainement notamment parasympathique. Les symptômes ont généralement leur intensité maximale en fin de nuit et en début de journée.

La Prévention

C’est un fait, certaines personnes sont plus fragiles que d’autres (femmes, adolescents, séniors, sportifs de haut-niveau). Chez ces personnes, la prévention passe par une nutrition la plus saine possible, un maintien du lien social, et par une activité physique régulière et adaptée.

L’activité physique, elle joue un rôle préventif irremplaçable dans la mesure où elle stimule et régule l’organisme, notamment sur le plan hormonal (sérotonine, endorphines…). Pour tirer un bénéfice maximal de la pratique sportive, les séances doivent être adaptées tant en terme de durée que d’intensité. On ne s’engagera donc pas dans des efforts trop longs ou trop intenses qui auraient un effet inverse à ceux recherchés (épuisement, dégoût…). Sur le plan de la fréquence, la bonne posologie nous semble être de 2 à 4 séances d’activité physique chaque semaine, soit un volume hebdomadaire de 2 à 6h. Bien entendu, si on n’a plus pratiqué depuis longtemps, une seule séance par semaine de 30 à 60min suffira dans un premier temps. Dans un second temps seulement on pourra envisager de passer à 2 séances par semaines.

Sur le plan social, dans un contexte où le malade a tendance à s’isoler, il est important que les proches (famille, amis) maintiennent un lien dense, y compris si c’est contre le gré de la personne.

Traitement

En cas de dépression avérée et installée, il ne faut pas hésiter à consulter un spécialiste qui proposera alors un traitement à base d’anti-dépresseurs et un suivi psychothérapeutique. Ces deux traitements sont indissociables car synergique.

Bien entendu, les problèmes ne se résolvent pas à en quelques semaines, il faut donc être patient. Quant à l’entourage proche, il doit prendre conscience que la dépression est une véritable maladie, et que la personne n’a pas choisi d’être dans cet état. Il est donc particulièrement important d’être compréhensif, patient et impliqué.

Dépression et nutrition

Il est important d’adopter une alimentation « hypotoxique » qui ne génère donc pas d’acidification de l’organisme et d’inflammation. Une personne fragile ou malade évitera donc l’alcool, le tabac, le sucre, les graisses hydrogénées. Un dépistage des intolérances alimentaires est vivement conseillé dans ce genre de situation. A l’inverse, on privilégiera les légumes, les fruits, le poisson, les huiles vierges, les céréales sans gluten… et les aliments qui sont source de plaisir. Pendant l’exercice, on utilisera systématiquement une boisson énergétique pour soutenir l’organisme.

La sécrétion de neurotransmetteurs (dopamine, catécholamine, et surtout sérotonine) est bien sûr au centre de la problématique. En effet, ceux-ci sont fabriqués à partir d’acides aminés essentiels (tyrosine et tryptophane) qui doivent impérativement être apporté par la ration alimentaire (œuf, viande, poisson, légumes secs), puis assimilé par le système digestif.

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